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 Pourparlers ?

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Message(#) Sujet: Pourparlers ? 28.07.14 21:30






Pourparlers ?
feat Eira Adcock ; Oniros S. Lucid





La mer était calme… il n’y avait pas une seule vague et un beau soleil illuminait le film aqueux… Autant dire qu’on s’ennuyait ferme !

A la barre d’un navire pirate, un cache-œil pour se donner le look adapté à la situation, Oniros fixait l’horizon, pensif… De temps à autre, notre fier capitaine jetait un coup d’œil à ses sbires qui se hâtaient de la proue à la poupe pour faire voguer ce rafiot.
Et dire que tous ces individus n’étaient que le fruit de son imagination… qu’ils pouvaient tous disparaître en un claquement de doigt… rêver représentait-il à l’homme de se prendre, l’espace d’un instant, pour Dieu ?

Mais trêve de bavardages, moussaillons ! Il nous faut de l’action !

Perdu dans ses pensées, notre protagoniste n’entendit pas son second qui semblait l’interpeller… Un grand homme bâti comme une armoire à glaces à la voix grave et au regard intimidant. Vêtu d’un simple gilet laissant ainsi ses abdominaux en béton armé apparents, ce gaillard était craint de tout l’équipage.

« Capitaine, un navire approche par ici déclara-t-il de sa voix grave tout en pointant le vaisseau qui filait sur l’eau tranquillement. »

Oniros ne répondit pas… Lentement il lâcha la barre avant de la contourner pour sortir de sa poche une longue-vue.

A première vue, il ne s’agissait que d’un simple vaisseau de transport, cependant, les armoiries qu’il arborait fièrement en disaient long sur sa provenance : la marine royale ! Ses soutes devaient être remplies d’or, ou au moins d’objets intéressants et qui se revendraient chers au marché noir !
Notre capitaine esquissa un sourire avant de ranger sa longue-vue et de se tourner vers ses hommes :

« Préparez-vous à l’abordage ! Les premiers arrivés sur ce bateau auront une plus grosse part que les autres ! Et dépêchez-vous… ça sent l’orage… »

Sur ces mots, Oniros fixa l’océan avant de fermer les yeux… cette mer d’huile ne lui convenait pas. Que lui manquait-il dans cette ambiance digne de l’époque de la piraterie ? Ah, un peu de challenge…

Alors que le bateau de transport s’approchait petit à petit du navire pirate, des vagues commencèrent à secouer la coque. Une pluie fine tomba alors du ciel, accompagnant le mouvement vertical de la mer qui redoublait de violence au fur et à mesure que le temps passait…
Une tempête, voilà qui pourrait rendre les choses intéressantes !

Bientôt, de gigantesques vagues faisaient rouler les navires, menaçant de les faire chavirer à tout moment. Oniros, qui une fois de plus appréciait la liberté que lui offrait le monde onirique, leva les yeux au ciel et observa les immenses nuages noirs.
Un flash l’éblouit alors, lui et tout l’équipage : après la pluie diluvienne et la mer déchaînée… l’orage !

Les boucaniers sous les ordres de notre héros attendaient le signal de leur supérieur. Tandis que certains se tenaient prêts à arrimer le navire à la cible, munis de cordes et de grappins, d’autres s’étaient postés à hauteur des canons, parés à tirer une bordée.

Le capitaine vint alors dégainer son sabre avant de le brandir au-dessus de sa tête et d’ouvrir les hostilités. Son cœur battait à cent à l’heure, voilà qui était si… excitant !
Sourire carnassier aux lèvres, il abaissa violemment le bras et cria à pleins poumons :

« Feu à volonté !! »

En l’espace de quelques secondes, le bruit sourd des canons résonna à tribord. Des boulets ronds, propulsés comme des fusées, fendaient l’air en direction du bateau de transport. Le premier impact ne tarda pas à se faire, marqué par le cri victorieux de l’équipage et des commentaires du second à leur égard :

« Continuez comme ça, tirez avant d’aborder ! »

Oniros attrapa son tricorne, accroché à la barre, puis le vissa sur sa tête. Il était fin prêt pour se jeter, à son tour, dans la bataille.
Encore quelques instants et les deux vaisseaux seront côte à côte…  


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Message(#) Sujet: Re: Pourparlers ? 29.07.14 14:40

Un périple en mer.
Sur un bateau on peut croiser des pirates et leur faire la conversation.


Cela faisait des mois, peut-être même des années que la Reine de Prim’vera n’avait pas mis pied en mer. Personne ne pourrait dire précisément la dernière fois qu'on l'avait vu monter sur une de ces embarcations en bois qui flottent dans les eaux plus ou moins calmes. Non personne ne pourrait donner la date, mais pour Eira, cela ne restait pas assez espacé.  La jeune femme n’avait jamais vraiment eut le pied marin. Elle son domaine de prédilection c’était plus le ciel. Elle était plus alaise sur un de ces animaux sauvages et durs à dompter que ce navire. Au moins, eux avait des sentiments, on pouvait à quoi s'attendre du moment d'être un minimum attentif à ses gestes. Mais là, un vaisseau fait de bois, vices, cordages et autres matériels, c'était mission impossible de deviner quoi que ce soit. La vulnérabilité des personnes était à son paroxysme sur ce bateau.  La brune aurait donné beaucoup de chose pour ne pas monter sur cette embarcation. Mais elle y était malheureusement obligé, son périple était trop long par les airs et bien trop dangereux suivant les avis des membres du conseil. Elle débattit longuement sur sa position, sa peur viscérale pour les voiliers, mais il n'y a pas plus sourd que ceux qui ne veulent pas entendre. Et l'assemblé qui protégé le royaume ne voulait pas entendre une de ses supplications. Partir en bateau n'apporterait que des avantages, rapidité, prix, sûreté. Et surtout, c’était par la voix terrestre qu’on pouvait rejoindre l’île où se passait la réunion avec des suzerains des autres royaumes du monde des songes.

Sept jours, deux heures, quatre cinq minutes et dix secondes. Voilà depuis combien de temps elle était coincée sur cette étendu d’eau. Cent soixante-dix heures, et bientôt la cent-soixante et onze allait arriver. Eira en devenait folle. Chaque seconde avait l’allure de minute, et les minutes avaient l’allure d’heures, tout avait l’air de ralentir considérablement. Le ciel était dégagé, aucun nuage n’osait se montrait dans cette étendue de bleu. Le soleil était encore haut, il était encore que quatorze heure, il n’avait pas encore eu le temps de descendre. Le vent était juste assez présent pour faire avancer le navire à une vitesse modérée, voire lente. Mais peu importe la vitesse qu’il avait, le paysage était toujours autant monotone. Appuyée sur une de ces barrières en bois, elle se laissait naviguer sans émettre un seul son, son visage était impassible, son regard était vide. Physiquement elle était présente, mentalement ce n’était pas la même histoire.  

Ayant troqué au début de son voyage sa cape de cuir, sa robe en laine et ses grosses bottes, pour une robe de soie légère laissant beaucoup plus de peau qu’à l’accoutumé. Ainsi le soleil brûlait sa peau blanche nue, elle ressentait une forte douleur à rester exposée de la sorte face à cet astre lumineux. Eira avait enfin chaud. Cela faisait si longtemps qu’elle n’avait pas sentie cette chaleur l’entourer. Et c’était une sensation étrange. Une sensation qui la ramenait à son enfance, là, où son esprit avait encore la capacité de voir les choses en polychromatique, et non plus dans les nuances de blancs. C’était agréable un peu de couleur. Un fin sourire se décrocha de ses lèvres. Sourire qui ne passa pas inaperçu parmi son équipage. Un geste tellement rare de sa part.

« Bateau à l’horizon ! » C’était la voix criarde et gênante de la vigie, souvent lorsqu’on l’entendait cela présageait un mauvais augure.

Et notre protagoniste n’y était pas encore accoutumée, c’était même la première fois qu’elle entendait sa voix. Levant les yeux au ciel, afin de l’apercevoir lui perché sur son mat, sa jumelle sur l’œil en pleine observation. Une fois qu’il jugea avoir trouvé suffisamment d’information sur le vaisseau encore éloigné, il reprit parole.

« C’est un bateau pirate ! »

La sentence était donnée, tout l’équipage royal allait devoir se battre pour protéger le navire et la reine. Cette dernière ne les avait jamais vus autant paniqué, ils courraient et criaient de partout. Tout avait l’air de fonctionnait comme dans une machine, tout le monde avait l’air de savoir son rôle à accomplir. Sauf Eira. Elle était là, dans l’attente d’une autre information, qui ne semblait pas vouloir venir. Il y avait juste le paysage paradisiaque qui devenait de plus en plus gris, tombant dans des vagues bien plus violente et menaçante. Elle ne savait pas qui, mais quelqu’un s’amusait à changeait le temps au gré de ses envies. Seule une personne enfermée dans les rêves avait cette capacité. Et cela devait être une personne surentrainait pouvait changer toute une ambiance si simplement.

La femme était intriguée, elle voulait en savoir plus, voulait aller sur le devant de la scène, mais, on n’était pas décidé à lui laisser cette chance. Le capitaine du bateau avait donné l’ordre à un de ses subalternes de venir l’enfermer dans sa cabine. Aussitôt l’ordre donné, qu’un des gorilles (littéralement) du bateau venait l’attraper de sa main velue et immense pour la tirer à travers le pont pour venir la jeter dans sa chambre.

Elle n’avait eu le temps que d’appeler son Phoenix, emblème de son royaume, de venir la rejoindre et arrêter de voler dans les hauteurs du ciel. L’oiseau était encore bébé, et donc petit, il était frêle, mais tout de même rapide. On devait encore le nourrir à la main, car il n’avait pas les capacités de le faire seul. C’était l’oiseau d’Eira, son protégé, et si l’équipage devait la protéger, elle se donnait plus comme mission de le protéger lui, et donc elle ne pouvait le laisser voler en liberté, il fallait qu’il vienne dans la cabine royale.

La délicatesse n’était pas le point fort du gorille, et l’envoi brutal qu’il avait effectué pour l’enfermé à l’abri, n’avait pas été de tout repos, les vagues et le début des feux de canons n’avaient pas aidée dans l’histoire. Cette ancienne princesse venait juste d’être propulsée à même le sol avec violence. Sa peau venait de se marquer de marque rouge sur l’avant-bras, et d’égratignure sur les jambes.

« Quel brute celui-là ! »

Râla-t-elle en se touchant ses blessures les faisant ainsi disparaitre, regardant du coin de l’œil son Phoenix allant s’installer dans des cris sur son perchoirs. Cris qui se mélangeaient avec ceux de l’extérieur. La bataille faisait rage sur le pont, et là voilà complètement impuissante, passive dans ces évènements.  Elle aurait pu être une arme importante dans cette histoire, elle connaissait la magie et c’était une dreamers, mais on la refilait là,  à l’écart de toute l’action. Et elle était impuissante. La seule Adcock restante se leva dignement, et alla voir son animal de compagnie, le caressant les lèvres pincés, dans l’attente que quelqu’un daigne venir lui ouvrir la porte et la mêlait à tout ce qu’il se passait.



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Message(#) Sujet: Re: Pourparlers ? 29.07.14 21:48






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La pluie ne cessait de tomber. Un véritable déluge s’était abattu sur l’océan, et les éclairs zébraient le ciel. Et, tandis que le navire de boucaniers s’approchait de plus en plus de l’embarcation adverse, Oniros se tenait immobile et les bras tendus sur le pont, la tête penchée vers l’arrière et les yeux fermé.

L’eau du ciel ruisselait sur son visage… malgré sa situation réelle plus que mauvaise, il s’efforçait de focaliser son attention sur la pluie et les sensations qui envahissaient progressivement son corps. Rester cloué sur un lit d’hôpital ne lui permettrait sans doute plus jamais de ressentir ce genre de choses.

Soudain la voix grave de son second résonna à ses oreilles, l’extirpant de sa plénitude :

« Pas de quartier, nettoyez-moi ce pont ! »

Notre héros scruta alors par-delà l’écran de pluie le pont du navire de transport avant de récupérer son épée, posée quelques instants plus tôt le temps de profiter de l’instant.
Les premiers pirates venaient d’atteindre l’embarcation ennemie, sabre et cimeterres en main. Les pauvres marins n’avaient aucune chance face à une attaque aussi soudaine.
Les tirs de canon avaient déjà entamé leurs forces, fauchant une dizaine d’hommes et endommageant sévèrement le navire.

Oniros, profitant de ses pouvoirs oniriques, s’éleva dans les airs pour mieux observer l’affrontement. A plusieurs mètres sous ses pieds, ses fiers flibustiers combattaient vaillamment les marins de l’embarcation. Et, malgré une ferme volonté de se défendre, ils tombaient les uns après les autres.
Voilà qui était pour le moins fascinant : ces personnages n’étaient que de simples illusions, des représentations d’hommes et de femmes créées par les rêveurs et qui, en fin de compte, n’existaient pas… sachant cela, leur mort n’était pas si atroce que cela.

Voyant qu’un de ses compagnons d’armes était en difficultés, notre capitaine plongea sur les agresseurs, sabre prêt à… entrer dans le vif du sujet.
Ses pieds percutèrent le bois du pont et sa lame transperça le premier marin. Habile et rapide, il ne perdit pas de temps et passa aussitôt à la cible suivante, après avoir été remercié par le pirate.
Ses mouvements ressemblaient à des pas de danse, comme s’il glissait sur le sol et se faufilait entre ses ennemis.


Soudain, alors qu’il venait d’embrocher un autre personnage de rêve à quelques mètres de la rambarde du bateau, il sentit une étrange sensation dans son dos : un marin venait d’y planter son couteau dans le but de le tuer. Oniros se retourna alors et retira vivement la lame de sa chair avant de la montrer au marin qui, à en juger son jeune âge, n’avait pas vu beaucoup de combats auparavant :

« Tu pensais pouvoir me tuer avec ça ? Ha ! »

Mais au lieu de l’éliminer, notre héros lui décocha un coup de pied frontal, le propulsant par-dessus bord et l’envoyant directement dans l’océan. C’était sa façon à lui de l’épargner… ou de le laisser se débrouiller avec les requins, au choix.

Alors qu’il allait reprendre son grand nettoyage, Oniros tituba avant de poser un genou à terre… Cette blessure, bien que mentale, avait le même effet qu’une attaque réelle. Dans un rêve, tout coup reçu était entièrement perçu par le cerveau, qui le considérait comme physique et réagissait naturellement… mais fort heureusement la douleur s’estompa très rapidement et la blessure finit par disparaître.

Il ne restait plus beaucoup de marins sur ce bateau, si bien qu’après une lutte acharnée, les rares survivants lâchèrent leurs armes avant de lever les mains en l’air, signe de leur reddition.
Les pirates poussèrent un cri de victoire, tandis que le second de notre capitaine lâcha :

« Amenez les survivants dans la soute et enfermez les ! »

Le rêveur, qui comptait les futurs prisonniers, aperçut une cabine close à quelques mètres de lui. Sans dire un mot, il se d’y dirigea dans l’espoir de trouver un quelconque trésor.
Ses doigts se posèrent délicatement sur la poignée avant de la faire tourner vers la droite. Et, lentement, il poussa la porte dans un crissement silencieux.

Une personne s’était réfugiée ici, une jeune femme d’une vingtaine d’années environ. Derrière elle se tenait un magnifique oiseau, un phénix pour être exact. Le volatile était calme malgré l’arrivée de notre héros… sans doute sa maîtresse le contenait-elle et l’empêchait de quitter la pièce, de peur qu’il ne tombe nez-à-nez avec les pirates qui ne manqueraient pas de le prendre pour cible.

Cette femme était calme. Le regard sévère et une expression de mépris sur le visage, elle toisa le rêveur sans élever la voix ou s’exprimer. Oniros, qui ne manquait pas de politesse, courba l’échine et accompagna son geste de paroles :

« Enchanté, milady. Je suis au regret de vous dire que votre navire est désormais sous ma coupe. Il tendit la main en avant, comme pour l’inviter à le suivre, et conclut Si vous voulez bien me suivre, je me ferai une joie de vous emmener loin de tous ces pirates. »

Une étrange sensation envahit progressivement notre héros. Cette personne… elle n’était pas illusoire… elle était comme lui : une rêveuse prisonnière de ce monde onirique.


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Message(#) Sujet: Re: Pourparlers ? 30.07.14 12:06

Un périple en mer.
Sur un bateau on peut croiser des pirates et leur faire la conversation.


La bataille faisait rage de l’autre côté de la porte, elle était séparée d’eux de simplement quelques mètres, mais pourtant elle, n’avait pas à se battre, à se protéger, si l’envie lui en prenait, elle pourrait même commencer de peindre ou faire un tricot. Encore fallait-il aimer faire ses choses-là…

Tout cela pour dire que même si des morts s’étalaient sur le pont et dans les autres pièces du navire, elle, était là tranquillement installée sur un fauteuil matelassé, sans même bouger le petit doigt, écoutant les cris de terreur et de rage.

La reine ne pouvait seulement pas entendre qui était en train de gagner ses hommes, ou les pirates qui étaient venus attaquer le navire ? Elle souhaitait et espérait que ses matelots est rien, qu’ils soient gagnants et leur voyage pourrait simplement continuer, à bon port, et enfin quitter cette embarcation de malheur. Mais elle le sentait au plus profond d’elle, que ce n’était pas la marine royale qui gagnait, mais leurs adversaires. Assise sur son fauteuil elle pouvait sentir la puissance qu’émanait d’un rêveur, elle pouvait sentir la force qu’il déployait à faire cette tempête qui faisait chavirer le bateau.

Il était fort, horriblement fort, même elle qui était là depuis plus de quatre-vingt-dix ans, n’avait pas la capacité de changer le temps de cette manière, à part pour faire une tempête de neige.

Cet homme était un rêveur connaissant le monde onirique surement très bien, et ceci même avant de s’être fait coincé dans ce monde infini.

***

Elle ne serait pas dire combien temps la bataille avait duré, les minutes avaient défilées sans qu’elle ait un moyen de les voir partir. En tout cas, pour le moment elle n’entendait plus rien sur le navire, tout était d’un calme olympien, les gagnants avaient gagnés et cherchaient dorénavant les trésors dans les pièces du château. Bientôt s’était à son tour, à part si sa pièce passait inaperçu, elle n’espérait pas dans un sens, elle en avait juste marre d’être, poussé en dehors de l’action, comme si c’était une petite fille fragile et incapable de se défendre.

Peut-être était-ce qu’elle était vraiment, une petite fille dans un corps de femme, avec des tonnes de responsabilités auxquels elle ne pouvait subvenir.

Des pas faisaient grincer le plancher, de plus en plus fortement à mesure qu’il avançait. On venait de remarquer la pièce, maintenant ce n’était plus qu’une question de temps, de seconde même.  Une, deux, trois secondes passèrent puis le porte fut poussée, laissant apparaître un homme légèrement plus âgé que la reine.

C’était lui l’investigateur de tous les évènements. C’était sûr.

Canalisant son volatile, le priant ainsi de garder son perchoir comme place, elle jugea l’homme, déposant un de ces regards hautains et froids. Pour le moment elle ne lui faisait aucunement confiance, même si c’était un de ses semblables. Cependant il ne semblait pas être un de ces pirates sanguinaires, qui prenait plaisir de tuer pour tuer.

Sans dire un mot, elle l’écouta parler, sans aucune expression, il connaissait l’art et la manière de manier les mots. C’était un fait indéniable. Peut-être était-il juste un beau parleur, qui promettait un minimum de sécurité pour enfin juste trahir la personne à la première occasion.

Et dans la situation où se trouver Eira, la première occasion allait pouvoir débarquer bien vite. Juste en le suivant et en allant devant tous les pirates qui l’accompagnaient et qui prenaient plaisir à semer la terreur, à voler et même causer la mort. Ils n’avaient pas la manière de penser que les autres, qu’elle. On pouvait donc s’attendre à tout.

Mais dans un autre côté, si elle restait là, notre héroïne avait tout autant de chance de connaitre un dénouement tragique, même si rappelons le, elle ne pouvait pas mourir. Elle retournerait juste dans son palais. Mais Nyméria son phénix, le pouvait. Pouvait mourir.

« Qu’est-ce qui me pousserait à faire croire à vos paroles ? Si cela se trouve vous allez m’emmener à vos hommes, en guise de récompense. Elle se tue quelques secondes, se pinçant les lèvres, s’empêchant ainsi de parler lorsqu’elle réfléchissait. Vous êtes un pirate, vous n’obéissez à aucune loi. Si je vous suis, je finirai peut-être plus vite encore à l’abattoir. »

Mais malgré tout son court et rapide discours, elle attrapa le volatile, et le tenue délicatement contre sa peau, calmant ainsi son rythme cardiaque et sa respiration. Elle fit un pas vers le pirate. Puis un deuxième, un troisième, et ainsi de suite. Continuant jusqu’à être près de lui et ainsi lui faire face.

« Qui êtes-vous ? Vous n’êtes pas juste un fruit de l’imagination de quelqu’un. Vous êtes plus puissant. Beaucoup plus. Cela se ressent de loin. Vous êtes la cause de la tempête qui sévit. »

Elle savait des réponses à ses interrogations, mais elle souhaitait aussi l’entendre parler, s’expliquer sur sa vraie nature, et peut-être que là, et seulement là, elle pourrait envisager de le suivre. Si elle sentait qu’il disait la vérité, le suivre serait beaucoup moins dur. Et ainsi ça lui laisserait le temps de réfléchir à ce qu’il allait advenir de sa personne.  

En tout cas, Eira Adcock, le savait depuis le début. Les périples en bateaux ce n’était pas du tout son truc. La prochaine fois, elle ne se laisserait pas convaincre aussi facilement d’embarquer.



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Dernière édition par Eira Adcock le 30.07.14 23:17, édité 1 fois
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Message(#) Sujet: Re: Pourparlers ? 30.07.14 21:10






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Tandis qu’à l’extérieur de la cabine les pirates rassemblaient les survivants et commençaient le partage des quelques trésors pillés, Oniros se tenait là, immobile, face à sa jeune interlocutrice, main tendue dans sa direction.
Attendant une réponse de sa part, il prenait néanmoins le temps de l’observer… De beaux yeux bleus perçant illuminaient son teint pâle et immaculé, et ses longs cheveux filaient le long de sa nuque jusqu’au niveau du dos et encadraient l’ovale de son visage. Une silhouette fine et élancée la rendait très appréciable à regarder. C’était certain : cette jeune femme avait du charme !
Elle dégageait cependant une aura glaciale et, à en juger son regard hautain, ne semblait guère apprécier son interlocuteur… difficile de ne pas la comprendre après le carnage qu’il avait orchestré.

Néanmoins, malgré cette volonté de ne rien dire à son ravisseur, elle prit la peine d’ouvrir la bouche et d’exprimer son désaccord vis-à-vis de la proposition d’Oniros :

« Qu’est-ce qui me pousserait à croire vos paroles ? Si cela se trouve vous allez m’emmener à vos hommes, en guise de récompense. »

Notre protagoniste resta silencieux. La jeune captive n’était pas si naïve que ça… tous les « us » et « coutumes » de la piraterie ne lui étaient pas inconnus visiblement. Et, après quelques secondes de silence, elle poursuivit son petit discours, appuyant ainsi son hypothèse :

« Vous êtes un pirate, vous n’obéissez à aucune loi. Si je vous suis, je finirai peut-être plus vite encore à l’abattoir. »

Oniros ouvrit grands les yeux. Cette jeune femme était maligne et avait la tête sur les épaules, voilà qui était clair. Néanmoins, le capitaine boucanier esquissa un sourire, amusé par la situation. Tout cela, toute cette histoire… cette mise en scène… n’était, en partie, que le fruit de son imagination et tout pouvait disparaître en un claquement de doigts.

Alors qu’il allait répondre, son interlocutrice se rapprocha de lui, après avoir pris dans ses bras son jeune oiseau rouge vermeil. Qu’avait-elle en tête ? Méfiant, notre rêveur approcha lentement sa main du manche de son sabre… sait-on jamais…

Mais la jeune femme ne semblait pas décidée à croiser le fer ou à tenter une sortie… ce serait un pari trop risqué de toute manière. Non, une fois arrivé à quelques mètres de lui, face à face, elle se contenta de le questionner :

« Qui êtes-vous ? Vous n’êtes pas juste un fruit de l’imagination de quelqu’un. Vous êtes plus puissant. Beaucoup plus. Cela se ressent de loin. Vous êtes la cause de la tempête qui sévit. »

Oniros, qui avait déjà le sourire aux lèvres, dévoila ses dents, heureux de rencontrer après tant d’années d’errance quelqu’un de… « réel ». Il écarta sa main de sa lame et étendit légèrement les bras, paumes ouvertes vers son interlocutrice. Posture symbolisant sa volonté de s’exprimer et de communiquer,  il prit un court instant pour prendre sa respiration et expliqua :

« Je me nomme Oniros et suis aujourd’hui un rêveur qui s’est entièrement abandonné à cet univers. J’ai appris à me défaire des lois de la physique et des croyances réelles… jusqu’à finalement développer un contrôle de plus en plus poussé sur le rêve. Il m’est donc par la suite aisé de modifier le climat à ma guise… Notre capitaine se tourna alors vers la porte de la cabine et désigna du doigt son équipage avant de continuer Toutes ces personnes sont nées de mon esprit et disparaîtront selon ma volonté. Malgré l’image que je véhicule actuellement, je ne suis pas un pirate… juste un pauvre homme qui essaye de se divertir dans ce monde où tout est possible ! »

Se dirigeant à présent vers le pont, il finit par faire dos à la jeune femme et profita de ce court instant pour marquer une pause dramatique… puis il tourna légèrement la tête sur la gauche, observant ainsi la captive du coin de l’œil, avant de sortir définitivement de la cabine.

Son discours était très soutenu. Ayant appris à s’exprimer de façon très littéraire, il savait qu’une telle attitude intriguait ses interlocuteurs qui ne tardaient guère à suivre ses pas.
Désormais sur le pont, dehors et sous la pluie qui n’avait cessé de tomber, Oniros lança un regard à son second et ses hommes qui regagnaient peu à peu le navire. L’embarcation sur laquelle il se trouvait était désormais un vaisseau fantôme, dénué de son équipage et voué à dériver jusqu’à heurter un rocher et sombrer… quelle triste fin…

Ses yeux glissèrent en direction des cumulonimbus, jusqu’à fixer un très subtil coin de ciel bleu. La tempête avait assez duré… Mentalement, il dessina quelques nuages blancs et légers et se mit à peindre la voûte céleste d’un bleu clair et éclatant.
Peu à peu, la lumière du soleil chassa l’obscurité jusqu’à reprendre la place qui lui revenait de droit. La mer, jusqu’ici encore mouvementée, s’apaisa et bientôt plus une seule vague ne vint perturber l’équilibre des deux bateaux. Il était temps d’y aller.

Mais il restait encore une chose à faire… convaincre la jeune femme de le suivre. Oniros restait confiant : son petit discours pouvait, selon lui, attiser la curiosité de son interlocutrice et l’inciter à venir. Ce n’était qu’une question de temps avant qu’elle ne décide de quitter la cabine à son tour et de rejoindre le pont.


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Message(#) Sujet: Re: Pourparlers ? 30.07.14 23:21

Un périple en mer.
Sur un bateau on peut croiser des pirates et leur faire la conversation.


Cet homme n’avait pas l’air d’être de la même trempe que les hommes de son équipage, que la reine pouvait apercevoir derrière son épaule. Ceux de l’arrière avaient l’air terriblement plus méchant et agressif. Elle ne pourrait jamais leur faire confiance à ces drôles de phénomènes. Même si ils n’étaient pas vraiment réels.

Quand la voix grave de l’homme résonna dans la pièce, elle quitta des yeux les pirates occupaient à pilier les derniers trésors et de surveiller les survivants, dorénavant prisonniers. Etait-elle une prisonnière à son tour ? Sûrement. Bien qu’elle doutait, qu’elle serait mieux traité que les autres. Un traitement de faveur pour être une attrapée du monde des rêves. C’était son seul espoir pour le moment.

Et puis l’homme en face d’elle, semblait enclin à la conversation, c’était ce que les gestes, surement très réfléchis, trahissaient. Sa posture menait à la discussion. C’était un orateur, connaissant les techniques et ruses pour faire qu’un audimat l’écoute, et peut-être pendu à ses lèvres. Un homme intelligent et sûrement intéressant. Peut-être un peu dramatique, dans la façon de s’exprimer, avec ce langage soutenu, et dans sa manière de quitter la pièce à la fin de sa réplique. C’était un style qu’il se donnait. Et celle de glace aurait pu reconnaitre de mauvaise foi, que son cinéma l’intriguait.

Oui, il avait gagné son pari, le faux pirate avait réussi à piquer au vif la curiosité de la reine. Son histoire l’intriguait, elle voulait en savoir plus. La protagoniste voulait connaitre ses périples au milieu du monde des songes, cet Oniros devait en avoir des tonnes en réserve, il avait dût tester des choses auxquelles elle-même n’aurait jamais imaginé, ou même osait rêver.

Mais malgré toute cette curiosité que cet homme lui inspirait, Eira restait craintive. Les beaux parleurs étaient bien souvent les plus dangereux, les plus charismatiques étaient les plus fous. Et elle tirait cela des malencontreuses expériences de son long passé en tant qu’habitante des rêves. Donc devait-elle le suivre sur ce pont, ou devait refermer la porte et s’enferme dans son cabinet travail le temps que le navire dérive sur un rocher. Ce qui lui laissait approximativement trois longues journées si elle était sous une bonne étoile, beaucoup plus dans le cas contraire. Sans eau, et sans nourriture à cause du vol que le navire venait de subir. Enfin… elle pouvait toujours les rêver, mais elle n’aimait pas faire ça. C’était comme tricher sur la réalité qu’elle tentait tant bien que mal de maintenir. Tout était trop fou, sans aucune règle, pour en faire plus.

Soufflant, elle finit par le suivre, après avoir pesé mentalement le pour et le contre dans sa tête. Même si les contres l’emportaient, elle ne les prit pas en compte, les ignorants complètements pour suivre ses pour.

Premier pour : la reine pourrait en attendre plus sur cet actuel pirate. Deuxième pour : c’était l’occasion de peut-être vivre une aventure plus trépidante que celles qu’elle s’autorisait. Troisième pour : elle ne serait plus la reine pour un temps, juste celle qu’elle souhaitait. Quatrième pour : plus aucune contrainte et plus aucune obligation.

Oui seulement quatre pour, mais c’étaient des points positifs qui pouvait compter beaucoup plus que tous les contres réunis. Elle allait le suivre. A ses risques et périples.

Enfilant un châle sur ses frêles épaules, recouvrant sa robe en soie, se protégeant ainsi de la pluie lorsqu’elle serait à découvert S’emmitouflant dans ce tissu, elle sortit de sa chambre et alla rejoindre Oniros sur le pont. La pluie était toujours assez forte, bien que le bleu du revenait peu à peu, remplaçant ce brouillard omniprésent, et ces nuages menaçant.

Mais cela avait suffi pour que ses longs cheveux couleur corbeau fussent plaqués sur son dos et sur son visage. Elle les écarta d’un geste machinale, puis recommença sa route pour venir se poser contre la rambarde en bois, se tournant vers son interlocuteur. Bien que leur conversation fût coupée il y a de là quelques courtes minutes.

C’était au tour de la dernière des Adcock de rentamer la conversation. Le regardant et le jaugeant toujours silencieusement. « J’hésite encore. Je ne vous fais pas confiance. Mais vous m’intriguez, cela me fait mal à admettre. Mais c’est la vérité. » Elle souffla doucement, regardant dorénavant le ciel se dégager, prenant une respiration puis un moment de silence pour peser ses mots. « Qu’est-ce qui m’arrivera, si je vous suis sur votre bateau. Votre équipage me prendra-t-il pour une distraction, ou autre chose peu plaisante. Ou aurai-je une chance d’être laissé tranquille par ces entre-guillemets barbares ? Je pense que vous êtes un homme d’honneur. Ne me mentez pas sur ce point, s’il-vous-plait Oniros. »

Sa voix était ferme, mais pas dure, elle souhaitait juste avoir une réponse, avant de se laisser tenter par une folle aventure, qui pourrait la retirer de son quotidien assommant et répétitif. C’était peut-être une porte la menant vers un quotidien provisoire beaucoup plus palpitant. Mais avant de se jeter les yeux fermés là-dedans, elle préférait avoir toutes les données et y réfléchir calmement.

Bien que sa décision fût presque à cent pourcent prise.


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Message(#) Sujet: Re: Pourparlers ? 05.08.14 20:10






Pourparlers ?
feat Eira Adcock ; Oniros S. Lucid





Oniros se tenait dos au bateau ennemi et attendait l’arrivée de son interlocutrice. Celle-ci s’était finalement décidée à quitter la cabine où elle s’était réfugiée pour affronter l’univers de notre protagoniste.
Et, pendant que ses pas faisaient vibrer le bois du pont, notre héros esquissa un sourire, satisfait de voir que son « plan » avait fonctionné. Il n’avait cependant pas d’objectif particulier, rien de bien défini pour cette jeune femme, néanmoins il prenait plaisir à la défier. Après tout, son attaque digne de l’époque de la piraterie ne représentait pour lui qu’une simple façon de s’amuser : cet endroit n’existait pas… ou plutôt n’existait que par le biais de ses habitants et de ses rêveurs.

Néanmoins il espérait attirer l’attention de cette inconnue et lier une quelconque relation avec elle… voilà trop longtemps qu’il errait ici seul… pourquoi ne pas nouer une première amitié en ces terres oniriques ?

Du coin de l’œil, Oniros fixait sa prisonnière se diriger vers la rambarde de son navire et de s’y adosser avant de reprendre leur conversation coupée de tout à l’heure.
Elle hésitait… elle hésitait à le suivre. Voilà qui était compréhensible, non ? A moins d’être psychologiquement instable et de souffrir du syndrome de Stockholm, difficile d’être admiratif ou encore reconnaissant envers un ennemi. Cependant, ses mots étaient empreints de curiosité, comme s’il l’intéressait. Pouvait-il lui apporter quelque chose de neuf ? Était-il en mesure de lui faire découvrir des choses qui lui sont inconnues ? Notre héros restait sceptique mais il continuait de l’écouter sans dire un seul mot, les bras croisés.

« Qu’est-ce qui m’arrivera, si je vous suis sur votre bateau. Votre équipage me prendra-t-il pour une distraction, ou autre chose peu plaisante. Ou aurai-je une chance d’être laissée tranquille par ces entre-guillemets barbares ? Je pense que vous êtes un homme d’honneur. Ne me mentez pas sur ce point, s’il-vous-plait Oniros. »

Sur ces paroles, l’intéressé se retourna et plongea son regard dans celui de son interlocutrice. Pourquoi tant d’acharnement ? Pourquoi tant de peur ? Tout ceci n’était qu’un rêve et, elle comme lui, était en mesure d’en changer le scénario et le réécrire à sa convenance !

« Dites-moi… que savez-vous des lois qui régissent cet univers ? Et d’ailleurs : que savez-vous sur les rêves ? Une illusion ? De simples images ? Oui, voici comment elles peuvent être définies : des images créées par nos cerveaux. En temps normal, il est impossible d’interagir avec celui-ci, nous sommes comme… emportés par l’histoire. Mais il existe une échappatoire, une porte de sortie qui mène vers un tout autre univers : celui de la lucidité ! »

La lucidité… voilà un terme qu’il appréciait par-dessus tout en ces lieux. Sans cette lucidité, sans cette incroyable prise de conscience, il serait encore aujourd’hui sous l’emprise de cet univers, prisonnier d’un scénario qui continuerait inlassablement sa course sans jamais s’arrêter.
Tout comme l’homme apprend à prendre en main sa vie réelle, il est capable, au fur et à mesure et par le biais d’un apprentissage particulier, de prendre le contrôle de sa vie nocturne et onirique. Oniros se tourna vers son équipage et les observa tour à tour, avant de poursuivre :

« Ces hommes que vous voyez-là viennent de mon esprit, d’une image mentale qui, ici, s’est matérialisée… et en un simple claquement de doigts ils peuvent disparaître. Être lucide dans un rêve revient à se réveiller à l’intérieur de ce rêve, à pouvoir le vivre et non pas le subir. Avec le temps il est possible de d’imaginer, bâtir… créer ! »

Il tourna à présent la tête sur la gauche et fixa un point immobile de l’océan. D’un geste sec, il leva le bras et tendit la paume en l’air. Et soudain, comme accompagnant ce mouvement, de l’eau jaillit de l’océan avant de retomber sous forme d’une fine pluie.
La nature ne lui obéissait pas, loin de là… néanmoins il avait appris à imaginer quelque chose et à le retranscrire dans ce monde.

Mais alors qu’il allait reprendre, son second s’approcha de lui et lui chuchota quelques mots à l’oreille. Oniros fronça les sourcils avant de jeter un coup d’œil à l’horizon. Ses doutes étaient fondés : trois navires approchaient de leur position à vive allure. Ils semblaient lourdement armés et ne venaient sûrement pas pour tailler une bavette avec quelques pirates…
Notre héros donna ses ordres et bientôt l’équipage s’éparpilla sur le bateau : il fallait fuir et retarder l’affrontement au maximum.
Et, alors qu’il se dirigeait vers la barre pour prendre les commandes, il expliqua la situation à son interlocutrice :

« Deux hypothèses me viennent en tête… soit ils n’ont pas apprécié l’attaque de leur navire, soit ils souhaitent récupérer quelqu’un… ses yeux se plongèrent dans ceux de la jeune femme Et quelque chose me dit que ce quelqu’un se trouve en face de moi… »

Mais cela n’avait aucune importance pour l’instant. Il fallait creuser l’écart entre la flotte armée et le galion pirate.
Néanmoins le rêveur avait une idée en tête… cette inconnue ne s’était toujours pas enfuie et l’avait rejoint sur son navire, voilà qui paraissait étrange. Intriguée ? Oui tel était le mot qu’elle avait employé. Qui sait… peut-être qu’elle le suivrait dans ses épopées ? Oniros, malgré le contexte quelque peu barbare de cette rencontre, espérait pouvoir lier une amitié avec cette femme… ses rêves seraient sans doute bien moins mornes. Mais il fallait jouer serrer… et une fois de plus titiller sa curiosité.

« La lucidité demande un apprentissage… et pour tout apprentissage, un professeur est requis… et je souhaiterais vous proposer quelque chose : voyagez avec moi et découvrez tous les aspects du rêve et surtout… les moyens de se défaire de son emprise ! Il désigna alors du bout de l’index les trois navires qui se rapprochaient dangereusement et conclut Ou alors je peux vous déposer là, laisser vos petits copains vous récupérer et partir… que choisissez-vous ? »

Oniros espérait une réponse positive de la part de son interlocutrice. Bien sûr, ce qu’il lui proposait était à la portée de tous, cependant il considérait s’être assez documenté sur le sujet pour se présenter comme étant un pédagogue.
Qu’allait-elle répondre ?


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